Explication Mafia

En étudiant la structure de la mafia, on peut affirmer qu'elle est une société parallèle à la nôtre, ayant une organisation et une hiérarchie préétablies qui servent à préserver l'ordre. En effet, on définit la mafia comme une « association clandestine à portée internationale, fortement hiérarchisée et capable de résister au temps, avec une tradition, des rites et des règles qui lui sont propres. Elle vise à acquérir par la corruption et la violence une richesse et un pouvoir illicite, et cela grâce à la complicité des autorités en place. » (1)


Structure interne

Les origines

Source de l'image: www.osa.sfasu.edu/ saa/mafia.jpg

Source: http://mafia.pescz.cz/ pozadi/Mafia.JPG Le phénomène de la mafia apparu en Sicile durant le XIXe siècle. À cette époque, l'île est contrôlée par des puissances étrangères tels que le monde arabe, l'Autriche, l'Espagne, la France...Un groupe, qui deviendra la première mafia, prendra le contrôle des terres par la force. Ils réussissent à garder le contrôle sur le patrimoine et les entreprises grâce à l'intimidation, aidé par des partis politiques. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les fascistes malmènent l'organisation mafieuse sicilienne. Ce sont les Alliés qui aideront la mafia à regagner son prestige. Déjà, l'organisation sert de collecteur de votes en faveur des partis conservateurs, notamment le parti de la Démocratie chrétienne. On voit ici que dès ses débuts, la mafia se joint au pouvoir politique et cléricale pour s'assurer une certaine stabilité.

Dans ses premières années de création, la mafia se limitait au contrôle du monde rural et des richesses foncières et agricoles. Bien vite, la puissance des parrains investit la ville en créant un contrôle dans les secteurs de l'immobilier, des travaux publics et de la contrebande. Ce n'est que durant les années 70 que la mafia a commencé à investir le terrain les narcotiques. À partir de ce moment, le parrain revêt beaucoup plus les caractéristiques d'un homme d'affaire et le désir de l'argent l'emporte sur la morale traditionnelle.



Hierarchie


Au sommet de la pyramide de la hiérarchie mafieuse sicilienne ou Cosa Nostra, se trouve la Cupola ou commission interrégionale, qui représente le parrain des parrains. Juste dessous, on retrouve les parrains ou patrons des familles. Chaque famille contrôle un territoire donné. Ceux-ci dirigent une série de chefs et de sous-chefs qui sont tous des hommes d'honneur, c'est-à-dire des initiés. Au bas de la pyramide se trouve les « soldats », utilisés comme hommes de main. Dans les années 80, on comptait environ 25 familles Cupola siciliennes dont 5 à New York(Bonanno, Colombo, Gambino, Lucchesse et Genovese) et une à Chicago (Outfit).



Système de valeurs


À la base de chaque famille, le parrain agit comme le pilier, le gardien des valeurs. Il aime la hiérarchie, la famille, les rites et la religion. Il est en général très peu réformiste et contre les révolutions. Il base en effet son pouvoir surtout sur la médiation qu'il applique sur ses concurrents directs, les autorités et au sein même de sa famille. Son charisme et sa maîtrise de l'art de la médiation lui permettent de garder son autorité sans se baser seulement sur l'intimidation et sur le sens de l'ordre. Pour les hommes d'honneur, comme pour tous les mafieux, le pouvoir est basé sur l'intimidation et la violence. Il leur faut, en tout temps, joindre la parole à l'acte sans quoi ils seront perçus comme faibles. La mafia représente la protection et se base sur la loi du silence, l'Omertà. Comme mentionné plus haut, les mafieux sont grandement religieux ce qui est perceptible dans le rite initiatique des hommes d'honneur. « En effet, c'est en tenant entre ses mains une image pieuse, barbouillée de son sang et à laquelle on a mis le feu, que l'invité prononce son serment solennel : il jure de ne pas trahir les règles de la Cosa Nostra, sauf à brûler lui aussi comme cette image. » (2) On reconnaît dans la présence de tous leurs rites, traditions et valeurs que la mafia compose une véritable société, regroupant toutes les caractéristiques nécessaires.



Leurs activités économiques

Source:http://www.judiciary
.state.nj.us/hudson/
images/money.jpg Voici les deux principales activités économiques de la mafia :
Trafic de narcotique : le trafic de narcotique permet de considérer l'ampleur de l'influence des profits des activités économiques mafieuses. En fait, le département de statistiques du Fond Monétaire International estime le chiffre d'affaire annuel des activités mafieuses du monde entre 700 et 1000 milliards de dollars américains dont près de 400 milliards pour le trafic de narcotique. Comme la plupart d'entre nous le savons déjà, la principale activité économique de la mafia est le trafic de narcotique. En fait, cette activité est à la base de toute une structure de réinvestissements et de créations de profits. Donc, le trafic de narcotique génère une grosse somme de profits. Une partie de ces profits seront réinvestit directement à l'intérieur du marché noir, une partie sera non blanchit et une autre partie sera investit dans l'économie, soit dans le marché légal. Dans le tableau suivant, on voit bien la répartition de l'argent.



Le blanchiment : la façon de faire se nomme le blanchiment. Ce processus se fait en trois étapes : le placement, l'empilage et l'intégration.

La première étape, aussi appelée phase de conversion, consiste à convertir l'argent illicite sous d'autres formes comme le « dépôt sur des comptes bancaires d'hommes de paille [et l'] acquisition d'objets précieux facilement négociables partout dans le monde [...]. La conversion est parfois précédée d'une phase d'évasion » (3) qui consiste à déplacer l'argent, souvent dans un autre pays, avant d'effectuer la conversion qui constitue la phase la plus dangereuse du blanchiment.

La deuxième phase, l'empilage, constitue à dissimuler les profits par le placement dans des sociétés commerciales, tels que les restaurants, la bourse ou l'immobilier. L'avantage de ces milieux est, qu'à leurs tours, ils génèreront des profits. La plupart des investissements ne pourront pas être retrouvés grâce à l'informatique (virements bancaires sur Internet). À cette étape, l'argent peut être investit dans des sociétés illicites comme licites.

La dernière étape est l'intégration des profits dans des affaires complètement légales. À ce point, le blanchiment est complété et il sera alors impossible de retracer les profits du trafic de narcotique comme les profits des investissements fait avec cet argent, dans l'économie internationale.

Leur rapport avec le pouvoir


Source: www.lynbrook.k12.ny.us/.../ newbooks/mafia.jpg

Leur préférence politique



La mafia exerce une grande influence sur la politique dans notre société principalement grâce à la corruption qu'ils ont réussit à établir sur les partis au pouvoir. Il faut toujours se rappeler que la mafia n'endosse aucun parti politique précis, plutôt le parti au pouvoir. La seule préférence pouvant être notée serait les partis à idéologies conservatrices ou à caractère catholique.


Objectifs


Pour la mafia, la corruption du pouvoir politique est un exercice purement fonctionnel. L'organisation « ne cherch[e] pas à gouverner le monde, [elle veut] le contrôler. prendre le pouvoir mais s'en servir pour s'enrichir. » (4) La corruption a pour finalité de s'assurer des avantages en obtenant de l'information, des dérogations, des marchés et des autorisations.

Les deux raisons d'être de la corruption de la mafia sont la défense et le fonctionnel. Pour s'assurer la défense, la mafia corrompt principalement les fonctionnaires et le corps policier. La deuxième raison réside dans la corruption du pouvoir politique, du pouvoir de décision qui constitue le principal aspect de cette activité.



Procédures


Dès les élections, la mafia s'allie au parti politique en lui prêtant de l'argent (primordial en temps de campagne électorale) et en exerçant un certain contrôle des votes. Une fois l'élection remportée, le parti politique au pouvoir a désormais une dette envers la mafia, non seulement pour le remboursement du prêt mais aussi par rapport aux déplacements de magistrats ou fonctionnaires gênants exécutés par la mafia.

Dans tout le phénomène de la corruption politique, la mafia n'est en fait qu'un intermédiaire entre l'autorité et les entreprises. Tous y gagnent dans ces transactions. Le pouvoir politique s'assure l'électorat par la mafia. Les entreprises se font entendrent par le pouvoir politique et s'assurent la protection de la mafia. En fait, ils n'auraient pas besoin de cette protection s'ils n'avaient pas fait affaire avec la mafia en premier lieu. En effet, la mafia utilisera les entreprises, en prétextant le retour de service, pour ses activités illicites. Donc sans la mafia, les entreprises n'auraient pas glissé vers l'illégalité et n'auraient ainsi pas eu besoin de la protection de la mafia. On comprend que la grande gagnante dans cette transaction est la mafia. Elle s'assure la protection politique et toutes les obtentions mentionnées plus haut et s'attribue de nouveaux marchés à inclure dans leur blanchiment. On voit clairement que la mafia ne fait rien qui ne lui rapporte pas un avantage non négligeable

# Posté le dimanche 26 juin 2005 14:36

Lutte Contre La Mafia

Histoire des luttes contre la mafia
Selon une idée répandue, la lutte contre la mafia en Sicile n'aurait commencé qu'après les tragédies de Capaci et de la Rue D'Amelio en 1992, où, avec huit gardes du corps, ont péri les juges Giovanni Falcone, Francesca Morvillo et Paolo Borsellino. En réalité, la lutte contre la mafia est aussi vieille que la mafia elle-même; elle a commencé dans les années 1980, avec la première vague du mouvement des paysans.
Jusqu'à la fin des années 1950, la lutte contre la mafia en Sicile se présentait comme un conflit social; ces dernières années, elle présente la forme d'un combat civil. C'est ce que nous voudrions illustrer ici.


Qu'est-ce que la mafia?
Avant de parler de lutte contre la mafia, il s'agit de définir la mafia, en écartant quelques idées reçues. La mafia est d'abord un ensemble d'organisations criminelles auxquelles, selon les sources les plus récentes, sont affiliées environ 6000 personnes; la plus importante est Cosa Nostra. Mais ces organisations agissent à l'intérieur d'un système de relations qui traverse toutes les couches de la population et implique quelques centaines de milliers de personnes. Leur direction est dans les mains de personnes agissant dans un cadre illégal (les capimafia) ou légal (politiciens et fonctionnaires, hommes d'affaires et professionnels tels des avocats ou des conseillers financiers) ; ces derniers forment ce que nous pouvons appeler la " bourgeoisie mafieuse ". La mafia sicilienne a pour particularité d'être une forme d'accumulation et système de pouvoir. Les caractéristiques du phénomène mafia sont donc le crime, l'accumulation et le pouvoir, auxquelles il faut ajouter un code culturel particulier et un certain consensus social.
Depuis son origine au milieu du XIX° siècle jusqu'à nos jours, la mafia est un mélange de continuité (par exemple dans la recherche d'un véritable contrôle di territoire et l'usage de la violence) et d'innovation : si la mafia s'est longtemps cantonnée a l'économie agricole de la Sicile occidentale, elle a peu à peu diffuse au-delà et exploite toutes les occasions offertes par les processus d'internationalisation (trafics de drogue et d'armes, systèmes télématiques de blanchiment de l'argent, etc.).


Lutte de classe et lutte contre la mafia
Des années 1890 jusqu'aux années 1950, c'est le mouvement paysan qui, d'abord dirige par le Parti socialiste et ensuite par le Parti communiste, a combattu la mafia. La première vague du mouvement paysan, celle des Fasci siciliens de 1892-1894, se battait pour la réforme agraire et la conquête des administrations communales ; elle s'est durement affrontée à la mafia, alliée des grands propriétaires terriens et de l'armée, comme en témoignent les quelque cent victimes qu'a laissées ce conflit. Apres la défaite des Fasci, un million de Siciliens émigrèrent, surtout vers le Etats-Unis.
Le mouvement paysan reprit dans les années 1920, avant l'arrivée du fascisme (1922-1943), puis à la fin de la seconde guerre mondiale ; à chaque fois, ce fut par des occupations de terres qui se soldèrent par des dizaines de morts. La réforme agraire sicilienne de 1950 fut une mauvaise plaisanterie : les paysans reçurent les plus mauvaises terres, découpées en petites parcelles attribuées par tirage au sort individuel, après la révocation des concessions de terres faites auparavant aux coopératives. A cette disparition du mouvement coopératif paysan s'ajoutèrent l'inexistence d'une politique de crédit appropriée et la perte l'importance de l'agriculture tant nationalement qu'internationalement.
Cela explique l'émigration d'un million supplémentaire de Siciliens, cette fois-ci surtout vers le nord de l'Italie et l'Europe centrale. Ainsi s'achève cette première phase de lutte contre la mafia, marquée principalement par les conflits d'intérêts au sein d'une économie agraire.


Dans les années 1960

Pendant les années 1960 et 1970, la mafia s'intéresse au développement des villes (spéculation immobilière) et à l'argent public (appels d'offres pour les travaux publics) que gèrent l'Etat et la Région sicilienne, dotée en 1946 d'un autonomie spéciale ; elle s'allie alors avec les partis de gouvernement, surtout avec la Démocratie chrétienne. Au cours de cette période, la lutte contre la mafia est le fait de minorités et relève surtout des institutions publiques. Lorsque les rues de Palerme furent ensanglantées par une véritable guerre engagée par la mafia pour contrôler le marche immobilier et les trafics illégaux, une commission parlementaire fut constituée pour enquêter sur la mafia (1963).
Elle a conclu ses travaux en 1976 lorsqu'elle a livré une grande quantité de documents... avec peu de résultats concrets. En 1977 est créé le premier centrer d'étude sur la mafia en Italie, le Centre sicilien de documentation " Giuseppe Impastato ", du nom d'un militant de la lutte contre la mafia assassiné en mai 1978. En 1981-1983, les hostilités avec la mafia se traduisent par les assassinats des plus hautes personnalités politiques et institutionnelles - Mattarella (Président de la Région Sicilienne), Pio La Torre (Secrétaire du Parti Communiste), Dalla Chiesa (Préfet) - ainsi que de membres des forces de l'ordre et de magistrats. Et ce n'est qu'en septembre 1982 que fut approuvée la loi antimafia qui, pour la première fois, définit le crime d'association mafieuse. Ce fut le point de départ d'interpellations de capimafia et l'année 1984 vit le début du processus qui a entraîne la condamnation de nombreux mafiosi. Désormais le mouvement contre la mafia organise de grandes manifestations ; des centres d'études et des associations spécialisées se créent. La nouvelle vague de lutte contre la mafia s'amplifie encore durant le années 90, après les attentats qui ont provoque la mort des juges Falcone et Borsellino.


De la Première à la Seconde République

Apres la chute du mur de Berlin, l'Italie est entrée dans une transition entre ce que l'on peut appeler la Première et la Seconde République. Les deux grands partis qui avaient dominé la scène politique pendant un demi-siècle disparaissent : la Démocratie chrétienne a éclaté d'abord en deux partis, puis en trois ; le Parti communiste italien s'est transformé en Parti démocratique de la gauche (PDS), mais certains de ses membres ont créé le Parti de la refondation communiste. En 1996, une coalition de centre gauche, dominée par le PDS et soutenue par les néo-communistes, a formé un gouvernement. Dans cette phase, la mafia subit les chocs en retour de la vague de violence de 1992-1993. Car en 1992, les tueries de Capaci et de la rue D'Amelio ne furent pas isolées ; auparavant avait été tué Salvo Lima, un proche d'Andreotti, qui avait dominé la Démocratie chrétienne sicilienne pendant plusieurs années et était député au Parlement européen ; et l'année 1993 avait vu les carnages de Florence et de Milan, qui firent dix victimes, ainsi que des attentats contre des monuments et deux églises à Rome. Ces crimes se produisirent alors que prenait fin l'époque où la Démocratie chrétienne faisait le lien avec le monde politique institutionnel ; ils marquèrent aussi la naissance de la Seconde République.
La mafia paie durement son recours à une telle spirale criminelle : en réponse à l'escalade de la violence, de nouvelles lois d'exception sont votées pour lutter contre la mafia ; on interpelle Riina, que l'on considère comme le chef des chefs, mais qui est en fait le responsable des actions violentes, ainsi que d'autres capimafia ; de nouveaux procès ont lieu et de nouvelles condamnations sont prononcées : En septembre 1995 s'ouvre à Palermo le procès de Giulio Andreotti, l'homme qui, après avoir été pendant un demi-siècle au centre de la vie politique nationale, se trouve accuse d'association mafieuse. D'autres procès concernent des politiciens et des fonctionnaires - agents de la police ou des services secrets, magistrats - auxquels sont reproches leurs liens avec la mafia.
Il apparaît alors que, pendant la Première République, les rapports entre la mafia et les institutions du pays n'ont pas été fortuits, mais au contraire systématiques. Nous vivions dans une démocratie bloquée (formellement ouverte, mais en fait paralysée) et dans un Etat au double jeu : l'Etat renonçait à punir les mafiosi parce que ceux-ci jouaient un rôle important pour le maintien du pouvoir, et souvent des secteurs de l'Etat avaient recours à la violence pour empêcher un éventuel changement politique. Les huit tuerie qu'a connues l'Italie entre 1969 et 1984 ont fait 150 morts et 688 blesses ; toujours impunies, ces tueries sont appelées des " carnages d'Etat ", car on y discerne la main des services secrets, dont les chefs étaient affiliés à la loge maçonnique P2 qui était en relation avec les néofascistes et les mafiosi. Pour expliquer les rapports entre institutions publiques et mafia ainsi que les tueries, certains ont parlé de " souveraineté limitée ", expression qui fait référence à la prédominance des intérêts internationaux, comme si les ordres venaient de Washington dans le cadre de la lutte du Pacte Atlantique contre le communisme. Mais en réalité, il s'agissait plutôt d'un mariage entre intérêts nationaux et internationaux ; l'invocation d'une fidélité atlantique ne peut servir à passer sous silence la responsabilité des gouvernants italiens.


Les " repentis "

Ces dernières années le nombre des mafiosi qui collaborent avec la justice a fortement augmenté ; ils sont actuellement plus de 1000.
Le mouvement a commence au début des années 1980, lorsque quelques mafiosi vaincus dans des conflits internes décidèrent de collaborer avec la justice ; depuis, beaucoup de mafiosi ont choisi cette voie pour obtenir l'impunité (parfois en poursuivant leurs activités mafieuses, comme l'attestent quelques cas récents). On appelle " repentis " ces mafiosi qui collaborent avec la justice. Dans la plupart des cas, leur démarche ne procède cependant pas d'un repentir de caractère éthique mais plutôt d'un choix opportuniste. Quelle que soit leur motivation, ces " repentis " ont beaucoup contribué à bien des enquêtes. Nous ne pouvons pas pour autant payer un prix trop élevé pour leur aide : si nous pouvons admettre une réduction de peine pour ces personnes parfois responsables de plusieurs assassinats, nous ne pouvons tolérer qu'on leur garantisse l'impunité, comme cela arrive encore aujourd'hui.


Le nouveau mouvement de lutte contre la mafia

Le nouveau mouvement de lutte contre la mafia est né d'une part de l'émotion et de l'indignation provoquées par les grands crimes commis et d'autre part du refus de voir la mafia envahir la vie quotidienne et vider la vie démocratique de toute substance. Il procède surtout de motivations éthique. Divisé en de nombreux groupes, ce n'est qu'en certaines occasions qu'il parvient à se donner une certaine unité d'action. Dans ce mouvement toutes les classes sociales se retrouvent, mais la classe moyenne (étudiants, professionnels et tout particulièrement enseignants) est la plus active. Quelques commerçants et hommes d'affaires participent aussi à la lutte contre le racket : en effet la mafia, qui a toujours pratique les extorsions de fonds, cherche aujourd'hui à mettre la main sur des entreprises " propres " pour couvrir des activités illégales et blanchir de l'argent. Pour atteindre cet objectif , beaucoup d'hommes d'affaires ont été assassines ces dernières années.


La situation actuelle

La situation actuelle demeure incertaine. Au sein de la mafia le point de vues des médiateurs (ceux qui estiment préférable de contrôler la violence, sans la diriger vers les hautes personnalités) semble prévaloir sur celui des tueurs. Devant la diminution des grands crimes mafieux, les institutions publiques risquent de baisser la garde ; quelques-unes des réformes concernant la justice peuvent constituer ainsi un retour en arrière par rapport à la législation d'urgence.
Le mouvement de lutte contre la mafia tend à se diviser à nouveau, en dépit de tentatives pour créer des coordinations au niveau national. Sur le plan international, la situation est très préoccupante, avec la crise de l'économie légale dans beaucoup de pays, la libre circulation des capitaux, la financiarisation de l'économie et le triomphe du marché ; ces éléments peuvent en effet favoriser l'enrichissement illégal et en définitive banaliser les activités mafieuses, comme le montre l'essor de la mafia russe et l'apparition d'autres mafias en Amérique latine et ailleurs.
L'Eglise a aussi une responsabilité à assumer. Longtemps animée par l'anticommunisme, elle a pu ignorer le réseau de complicité qui liait les mafiosi aux hommes de pouvoir. Ces dernières années, le Pape et la hiérarchie ont pris position et la mafia a été qualifiée de "péché social" ; du fait de leur engagement contre la mafia, certains prêtres ont été assassinés (don Puglisi a Palerme), mais, d'un autre côté, quelques religieux son accusés de collaboration avec la mafia.
Pour lutter contre la mafia avec efficacité, il nous faut aujourd'hui une éthique de la radicalité et du conflit. Si nous avons placé le Centre sicilien de documentation sous le nom de Giuseppe Impastato, c'est surtout parce que ce Sicilien avait rompu avec son père, ami des mafiosi, à l'âge de 15 ans. En quittant la maison paternelle, il nous donne un exemple de la radicalité qui commence par soi-même et par sa propre famille.
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# Posté le dimanche 26 juin 2005 07:10

Presentation De La Sicile

Presentation De La Sicile
HISTORIQUE DE LA SICILE

« Insoumise » tel est l'adjectif qualifiant le mieux cette île au c½ur de la Mediterrannée qui a longtemps été l'objet de convoitises. Colonisée par les Grecs, les Romains, les Arabes, les Normands, les Espagnols... elle a subi de nombreuses influences mais a toujours cherché a garder sa propre identité.

LES SICULES ET LES SICANES : UN NOM POUR LA SICILE
Les premiers habitants de la Sicile, selon les historiens anciens, furent les Sicanes : population d'origine ibérique, qui, pense-t-on, arrivèrent sur l'île depuis l'extrémité sud de l'Italie. Puis déferlèrent les Sicules de race indo-européenne.

C'est à ces premiers envahisseurs que la Sicile doit son nom.

LA SICILE GRECQUE

Au milieu du VIII ème siècle avant J.C., commence la colonisation de la Sicile entreprise à la fois par les Phéniciens de Carthage (peuple d'Afrique) et par les Grecs.

Les premiers ont des visées exclusivement commerciales, tandis que les grecs entendent pour leur part créer des colonies de peuplement afin de tirer profit des riches terres siciliennes.

Les colons fondent des cités à partir desquelles se développent de nouvelles colonies intégrant la population originaire de l'île. Puis ils se transforment en agriculteurs et exploitent les zones les plus riches de l'intérieur de la Sicile.

Si elles connaissent rapidement la prospérité, les villes grecques de Sicile sont soumises à l'autorité de puissant tyrans.

C'est ainsi qu'à son apogée Syracuse est surnommée l'Athènes de l'Occident et devient la rivale de l'Athènes de Périclès.

Durant toute cette période la Sicile se couvre de monuments grecs, les plus intéressants et les mieux conservés se trouvent à Agrigente, qui possède avec la Vallée des Temples, la zone archéologique la plus impressionnante de l'île par sa dimension.

LA SICILE ROMAINE

La domination romaine s'établit avec la soumission de la Sicile lors de la prise de Syracuse par le consul romain Marcellus en 212 av. J.C. Première en date des provinces romaines, la Sicile est administrée par un prêteur à Syracuse qui contrôle le commerce du blé, principale richesse de l'île. La Sicile devient le grenier à blé de l'Empire. Des esclaves et des paysans libres font fructifier les terres des vastes domaines. Mais Rome ne porte qu'un intérêt marginal à la Sicile qui connaît, pendant plusieurs siècles un isolement politique, économique et culturel.

C'est de cette époque que date la superbe villa de Piazza Armerina, l'un des rares vestige de l'architecture romaine, qui doit sa célébrité à son pavement de mosaïques. L'amphithéâtre de Syracuse et le splendide théâtre de Taormine sont les deux autres témoignages de la présence romaine en Sicile.

Entre le IIème siècle et le IVème siècle, apparaissent les premières décoration picturales de l'art chrétien ornant les catacombes.

LA SICILE ARABE

C'est à partir de 827 que les Arabes ont conquis la région de Trapani.

L'occupation dure deux siècles et demi et entraîne beaucoup de changements :

Palerme devient la capitale,

Les conditions économiques et sociales de l'île s'améliorent considérablement.

Les Arabes apportent dans l'île de nouvelles méthodes de cultures, de constructions et de décorations et laissent en héritage de véritables chefs-d'½uvre (palais, mosquées, minarets, magnifiques jardins. somptueuses fontaines).

Ils développent le commerce et la Sicile connaît enfin l'Age d'Or...

Cependant, cette présence musulmane en Sicile, pont entre l'Afrique et l'Europe, déplaît fortement au monde occidental christianisé.

Alors, le Pape promet aux normands déjà installés en Italie du sud, la souveraineté de la Sicile, s'ils parviennent à chasser les Musulmans, appelés les « infidèles ».

LA SICILE NORMANDE:

Les Normands envahissent l'île en 1060 et mettent une trentaine d'années à s'imposer sur l'île.

Les Normands gouvernent avec tolérance puisque le roi Roger 1er choisit ses ministres et ses administrateurs suivant leurs mérites, sans tenir compte de la race ou de la couleur de peau.(Le palais des normands à Palerme)

Le roi rejette alors la tutelle du Pape soucieux de l'épanouissement et du bien-être matériel de l'île.

Ses successeurs, de Roger II à Guillaume II, auront les mêmes idéologies.

Cette période est l'occasion d'un développement culturel et artistique de la Sicile, à titre d'exemple la Cathédrale et l'abbaye de Montréal ( le cloitre ) où des influences arabes et normandes se mêlent.

UNE LONGUE PERIODE D'INSTABILITE

En 1282 la présence du Duc d'Anjou, successeur au trône par don du roi de France, provoque un vaste soulèvement populaire.

Cet épisode sanglant et glorieux fut illustré par le célèbre opéra de Verdi « les Vêpres siciliennes ». Les Aragonais succédèrent aux angevins. Rois et barons commencèrent alors à se disputer le pouvoir, et une longue période d'instabilité s'installa en Sicile.

Au XIII ème siècle s'arrêtent les grandes heures de l'histoire sicilienne.

Dès 1487 l'Inquisition s'installe comme la plus grande force sociale et accélère la destruction des mosquées et des synagogues ainsi que la conversion des derniers Juifs et Musulmans (c'est une des raisons pour laquelle la Sicile est catholique à 90%).

Aux XVII et XVIII ème siècles, la Sicile et le Royaume de Naples sont l'objet de convoitises et le centre de nombreuses intrigues entre la France, l'Autriche et l'Espagne. (Palerme Baroque)

Cette dernière hérite de la couronne en 1734 et les soulèvements populaires sont réprimés dans la violence.

Il est important de noter que peu de roi ont gouverné la Sicile en Sicile, ce qui a apporté un degré d'autonomie à l'île mais a aussi favorisé l'installation de la mafia comme pouvoir

LA SICILE AUJOURD'HUI


Lorsque Garibaldi débarqua le 11 mai 1860 à Marsala, toute l'île se souleva et se rallia à la cause unitaire italienne.

Rattachée à l'Italie, elle connut une longue période de souffrance à cause d'une politique inadaptée à son insularité. Donc, en 1946, un référendum abolit la monarchie et les titres de noblesse. Le mouvement autonomiste, né après la Libération, obtient gain de cause en Mai 1946 : la Sicile devient une entité régionale autonome. Vous pourrez retrouver l'ambiance de cette époque dans le film « Le Guépard ».

L'île a longtemps subit des invasions et elle en a beaucoup souffert sans jamais s'incliner. La présence de la Mafia n'a pas arrangé la situation. Mais la Sicile ne cesse jamais de se battre, et c'est grâce à cette ténacité qu'aujourd'hui certains ont le courage de lutter contre cette gangrène qu'est la Mafia...

# Posté le samedi 25 juin 2005 14:39